[Intro : Anton Serra]
Attaquer à la scie un séquoia
Un tag à l'acide, c'est couillon
Pote-ca', goyave, chanter Chantal Goya
Mature, nature, peinture, Goya
On a chourave c'que t'as chourave
Il paraît qu'le rap est mort, bah mange ton rap
[Couplet 1 : Anton Serra]
Ils ont aucun style, ils remplissent des stades, s'improvisent traders, philosophes en herbe
Placements d'produits d'merde sur leurs comptes Insta'
La totalité d'leur carrière, c'est un best of
Ils ont enterré notre culture еt l'ont arrosée d'Destop
J'taguais avant Bullrot et tous lеs contenus brainrot
Kelly, Dylan, Branda, Brandon
Accompagné d'mon prof' de lettres, eh ouais, mon gros, on préfère être
Personne, lambda, quidam, random
[Couplet 2 : Lucio Bukowski]
Les rappeurs font les voyous, même fils de notaires à Limoges
Épousent des connes d'influenceuses et perdent la moitié au divorce
Et, dans les loges, y'a des jeunes bénévoles, ils vantent leurs dix Porsche
Deviennent trop entreprenants comme Netanyahou et Guy Georges
Eh, eh, j'crée des mondes comme Asimov
"Au commencement était le verbe", j'connais le putain d'épilogue
La vision de Rosa, elle est la paire de couilles d'Antigone
Avec l'industrie, on s'entend comme poison et antidote
[Refrain : Anton Serra]
Attaquer à la scie un séquoia
Un tag à l'acide, c'est couillon, couillon, couillon, couillon
Pote-ca', goyave, chanter Chantal Goya
Mature, nature, peinture, Goya
[Pont 1 : Anton Serra]
J'préfère un p'tit chalet, un poêle à bois qu'une vie d'bourge à Dubaï
Hmm, [?]
[Couplet 3 : Anton Serra]
J'peux encore rapper toute l'après-m'
On s'est donné rendez-vous sans Bruel onze ans après
Barbe blanche et barbe blanche, de la crème, c'est la crème
Ta vieille vache, on la traie, ta roue d'secours, on la crève
Bref, on n'a encore violé personne
Ni même serré des mains moites pour engraisser une tierce
On reste à notre gâche, non, ce n'est pas écrit [?]
Taguer avec fierté sur la buée d'une glace
Pourquoi tu m'les brises ? Y'a, y'a pas d'gâteau, mon gâté
Y'a, y'a rien à gratter, hun-han
Putain, c'est fou, tout c'qui sort, je transforme le plomb en orge
Rien qu'des tacles à la gorge, embrassez-vous sous l'Guy Georges
Littéralement, j'baise des mères [?]
Je ne pourrai jamais renier un frère, comme Agnès Soral
Sur Fourvière, sur La Mecque, sur la Torah
J'passe le microphone à mon inséparable critique littéraire
[Couplet 4 : Lucio Bukowski]
Légende anonyme, anonyme légendaire
Deux décennies qu'on crache nos p'tites œuvres dans des grandes glaires
Cent cinq ans d'antipop, laisser aller ta fragmentaire
Mélange de feu et d'flow comme des potomanes incendiaires
Jamais on n's'incline, toujours sans signature, igo
On a disparu d'la fête sans crier gare, comme Bilbo
Que des putains d'classiques signés la plume et le sale gone
On s'est fait que des salles combles, ils se tapent que des sales connes
Roulade avant dans le petit jour
Dans du bonheur qui étincelle sans grillz ni tapis rouge
Aucune concession dans ce milieu où tous fondent
On est les frérots de personne, c'est que des fils de tout l'monde
Aucun concurrent, que des putains de bacilles
On lève le pied sur l'egotrip, pélo, ça devient trop facile
On vient brûler la prod', on laisse un bout d'ses draps
Ils attendent plus leur messie mais l'prochain LucSerra
[Pont 2 : Anton Serra]
(Attaquer à la... attaquer à...)
[Refrain : Anton Serra]
Attaquer à la scie un séquoia
Un tag à l'acide, c'est couillon, couillon, couillon, couillon
Pote-ca', goyave, chanter Chantal Goya
Mature, nature, peinture, Goya
[Couplet 5 : Lucio Bukowski]
J'viens pas niquer des mères, j'leur fais des enfants
Ébouriffe les cheveux des jeunes rappeurs en plaisantant
Leur pince doucement la joue quand ils disent qu'ils f'ront fortune
Leur lirai du Lénine et du Gramsci sous autotune
Allume la carte son, les points s'éloignent de nos sonars
L'Animalerie est morte, vive L'Animalerie, connard
On reste sur nos gardes, encre noire dans l'extincteur
Comme une sœur colle un Taser sur les couilles d'un sale pointeur
[Couplet 6 : Anton Serra]
On n'est pas réputés pour s'tirer vers le haut
Entre quatre planches, vermoulue, on finira tous vers le bas
Il faut s'émanciper d'cette immondicité
Dans cette immensité de visages pâles en manque d'identité
Un roux d'Roubaix enrôlé par Daech
Encore un gringalet plein d'bonnes idées qu'a Kalach' une calèche
L'oreille en pâtit, c'est hardcore d'enseigner
Samuel Paty a quitté le corps en saignant
[Refrain : Anton Serra]
Attaquer à la scie un séquoia
Un tag à l'acide, c'est couillon, couillon, couillon, couillon
Pote-ca', goyave, chanter Chantal Goya
Mature, nature, peinture, Goya