À deux pas du bitume, proférant une parole libératrice, La Canaille livre un cri d’émancipation poétique, intense et spontané. Lucide, impliqué et impliquant, le rappeur décrit un carcan usinier sauvage, difficile, réel, en proie à la montée des extrêmes (Jamais Nationale), au combat politique affirmée (Redéfinition), libre de ses mots face à des parcours de vie intenables (Omar). Authentique, ce grand amateur des textes d’Aimé Césaire – dont une oeuvre immense, intitulée Cahier d’un retour au pays natal, qu’il a déjà mis en musique, avec Serge Teyssot-Gay (Noir Désir, Interzone) – manie le vers et la prose avec une dextérité vivifiante. Un impact contagieux, vérifiable sur scène, lorsque le Français y fait vivre des moments bouleversants, comme aux Vieilles Charrues, en 2011, devant plusieurs dizaines de milliers de personnes. « Je ne suis que le porte-parole de la mienne », explique-t-il, sans calcul. Une sincérité débordante qui ajoute à ce personnage vibrant une aura salvatrice. Une implication à plusieurs niveaux pour un artisanat cousu main. Capable de toucher le plus grand nombre, en abordant des thèmes universels, l’homme porte un message multiforme, alimenté par un parcours singulier, libre et moderne. Plus que jamais La Canaille s'impose comme LE groupe indépendant de la scène française, avec des morceaux incroyables de rage et d'émotion et une plume aiguisée.
Association La Canaille / LA CIE DALTON