Le 16 février 2026, le rappeur a comparu, ou plutôt son avocat l’a représenté, devant le tribunal correctionnel de Nice. L’enjeu : une phase dans son couplet sur « Haaland » (sorti en 2024), que certains interprètent comme une allusion à l’attentat du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais.

Une Rime qui fait débat
Dans son couplet sur le feat avec Luciano, Freeze lâche : « J’arrive dans l’rap comme un camion qui bombarde à fond sur la… » et coupe net. Pour l’accusation, ce silence évoque le drame de Nice (86 morts, des centaines de blessés). Le procureur Damien Martinelli y voit une apologie du terr0risme, au-delà de la simple provocation rap.
Le parquet a requis 18 mois avec sursis, 50 000 euros d’amende et trois ans d’interdiction dans les Alpes-Maritimes. Le délibéré est fixé au 27 avril 2026.
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« Haaland » : le morceau qui a lancé l’histoire
« Haaland » sort en février 2024 sur l’album Seductive du rappeur allemand Luciano (via URBAN/Universal). C’est un banger drill/trap avec des refs foot (Haaland en attaque, Davies, etc.) et le flow signature de Freeze. Le titre a tourné fort à sa sortie et a attiré l’attention pour son efficacité lyricale et sa capacité à fusionner l’univers du rap et celui du football. Les fans ont salué la cohérence entre le titre, les paroles et l’image du rappeur : celle d’un artiste méticuleux et implacable. Mais la polémique a vite pris le dessus.
Les parties civiles et le choc des victimes
Des associations comme Life for Nice et La Voix des Enfants, ainsi que des victimes de l’attentat, se sont constituées parties civiles. Elles dénoncent l’utilisation d’un événement traumatique comme punchline, estimant que ça peut banaliser le sujet auprès des jeunes fans de rap.
La défense de Freeze : liberté artistique avant tout
Freeze (Issa Lorenzo Diakhaté) n’était pas présent à l’audience, son avocat Adrien Chartron évoque des menaces reçues et le refus de se mettre en danger pour des paroles non explicites. La plaidoirie est claire : relax totale. C’est une question de style rap, de métaphores et de liberté d’expression artistique. « C’est le procès du style », a résumé l’avocat. Une lecture trop littérale risquerait de toucher beaucoup d’autres artistes du game.
Freeze, un parcours sous les projecteurs
Freeze n’en est pas à sa première tempête médiatique. En 2020, déjà une enquête pour provocation à la haine raciale (classée sans suite), et un départ forcé d’Universal. Depuis début 2024 et l’ouverture de cette affaire, plusieurs concerts ont été annulés par arrêté préfectoral.
Mais le public suit toujours : La Menace Fantôme (LMF, 2020) avait explosé les compteurs avec plus de 5 millions d’écoutes en 24h sur Spotify à sa sortie, et l’album cumule aujourd’hui des centaines de millions de streams au global. Freeze reste l’un des piliers du rap drill français, avec une fanbase solide et un impact indéniable.
Vers un verdict qui pourrait marquer le rap ?
Le 27 avril 2026, on connaîtra la décision. Au-delà de Freeze, cette affaire interroge le rap français en 2026 : jusqu’où va la liberté d’expression quand les textes circulent en masse sur les plateformes ? Peut-on juger un artiste sur une interprétation d’une punchline ? Dans un game où la provocation fait partie du code, beaucoup attendent de voir si ça redessine les limites ou si ça renforce la liberté créative. On suit ça de près.